Enquête sur l'apparition du langage chez l'enfant nouveau né

L'apparition du langage chez l’enfant nouveau né
Appel aux jeunes parents

Depuis de nombreuses années, je travaille sur le langage et les langues. J’en parle, plus ou moins bien, quelques unes, proches (langues européennes) ou lointaines (langues océaniennes).

Afin de parfaire ou de compléter un mémoire sur les fondements du langage, je recherche de jeunes parents, c'est-à-dire des parents de très jeunes enfants, qui voudraient bien noter toutes les productions sonores de leur fils ou de leur fille, depuis l’âge de deux mois jusqu’à l’âge de un voire deux ans. Si de telles enquêtes ont existé, elles n'ont jamais été entreprises sur une population large d'enfants en bas âge.

Quelles productions dans quelles conditions ?
L’enfant produit de multiples bruits dès l’âge de deux mois. Il y a cet « areuh » que chaque parent entend comme le premier signe de l’enfant parlant. Il y a tous ces bruits qu’il produit avec ses lèvres seules ou ses lèvres contre son avant-bras. Certains de ces bruits ne sont pas encore la parole. D’autres, si.
Ainsi le premier « ma », puis les « ga », les « gui », les « pa » et ainsi de suite. La structure même du langage s’installe progressivement à partir du septième mois, plus ou moins rapidement, au rythme de l’enfant, de ses besoins et de ses désirs.
Et comme tout être humain plongé dans la réalité qui l’entoure, il ne produit pas n’importe quoi, n’importe comment, ni à l’adresse de n’importe qui. C’est ce que j’ai constaté dans deux enquêtes préalables. Ce qu’il produit l’est avec les instruments langagiers qui s’installent progressivement en face de parents ou de proches parlant éventuellement des langues différentes. Il s’assure de ces langues et les renvoie sous une forme accourcie « ata » pour « attends », « té » pour « tiens » ou sous des formes redondantes « mama », « papa », « tatatata » et ainsi de suite, mais toujours dans des situations particulières.
Ainsi, si l’on veut bien participer à cette enquête, il est nécessaire de noter, non seulement la production langagière particulière, mais aussi la situation dans laquelle l’enfant était plongé lors de cette production. Faute de quoi on se prive du principal.
Imaginez que je vous rapporte que j’ai répondu « oui » à une question que quelqu’un m’a posée sans avoir indiqué préalablement à quelle question j’ai répondu, vous me regarderez avec des yeux propres à me faire douter moi-même de ma santé mentale !
Toute production langagière est engagée dans une réalité que vivent locuteur et interlocuteur quel que soit leur âge respectif. L’enfant n’y échappe pas.

Comment écrire ces sons ?
Pour ceux qui voudraient rapporter le plus fidèlement possible les sons prononcés par leur enfant, l’usage des caractères de l’Association de Phonétique Internationale est recommandé. Il existe plusieurs jeux de caractères que l’on télécharger sous les adresses suivantes : CharisSILfont ou DoulosSILfont
Pour les autres, pas de problème. Vous pourrez rapporter ces sons comme vous le souhaitez et comme vous les entendrez.
Les premiers écriront ces productions entre crochets : [ma], les autres entre guillemets « ma ».

Cette enquête est purement rattachée à la science de la linguistique et n’a aucun autre but.

Il peut y être répondu favorablement en français, en anglais, en allemand, en castillan, en catalan, en occitan, en portugais, en italien ou même en lifou ou dans n'importe quelle langue polynésienne, toutes langues que je peux traduire sans trop de difficulté.

Merci donc aux parents qui répondront favorablement à ma demande.

Patrice Bérard

Paris, le 18 juin 2010